Archive pour la catégorie ‘06- Courrier’
Lettres adressées à la Maison PKZ
Lettre no 1 :
p.a. Xavier Koeb, membre du comité Sentier de la Paillus 2 1613 MARACON Société PKZ M. Ph. Olivier Burger PDG In der Luberzen 19 8902 URDORFMaracon, 1er juin 2010
Concerne: Utilisation de l’anglais en Suisse
Monsieur le Président – Directeur général,
Notre association a pour but de défendre la langue française en Suisse, notamment face à l’invasion de termes anglais, pour la plupart existant déjà en français.
En particulier dans le domaine de la vente et de la publicité, sous prétexte de s’adresser à de jeunes clients, des sociétés sans scrupules n’hésitent pas à estropier ce qui était, il y a peu encore, la langue internationale de la diplomatie.
Votre publicité envoyée personnellement à de nombreux clients francophones propose un rabais de 20% « PRESALE » . En français, cet adjectif « présalé » indique une viande, notamment d’agneau, dont l’animal a brouté dans des prés situés au bord de la mer.
Vous en arrivez au point d’utiliser un terme français classique pour indiquer tout autre chose, à savoir: « avant-solde » pour parler juste.
Sur le même prospectus, on apprend que ce rabais de 20% est « exclusivement pour insiders ». Pourquoi ne pas parler de clients ?
Sur votre site internet, vos magasins en Suisse, et ils sont nombreux, s’appellent « stores ».
Je passe sur les quelques textes en français comportant de nombreuses erreurs de toutes sortes…
Au vu de la grandeur de votre société, il semblerait possible de faire relire vos textes par un correcteur francophone.
Malheureusement les pouvoirs publics ne peuvent vous obliger à remplacer les termes anglais
de vos publicités et messages par des équivalents en français.
En revanche, nous pouvons encore choisir chez qui nous allons acheter des vêtements.
Veuillez agréer, Monsieur le Président-Directeur général, mes salutations distinguées.
X.Koeb,
membre du comité
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Lettre no 2
Josiane Borioli Quartier des Pugessies 33 CH-1400 Yverdon-les-Bains Suisse – Switzerland
Yverdon-les-Bains, le 02.06.10
Monsieur Ph. Olivier Burger PDG de la Société PKZ In der Luberzen 19 8902 Urdorf Monsieur,J’ai sous les yeux la lettre que Monsieur Xavier Koeb vous a adressée le 1er juin et viens, par mes lignes, appuyer sa démarche.
Bien que pratiquant la langue anglaise régulièrement, je suis choquée par l’emploi systématique de celle-ci dans un but de démarchage auprès des clients. Pensez-vous que cela fait « bien » de porter des vêtements achetés en « Presale », puis vendus à grands coups de publicité pour annoncer les « Sales », soit : sale en français ou schmutzig en allemand ?
Si le terme « Sales » se traduisait par schmutzig, l’emploieriez-vous pour annoncer vos soldes ?
Comme beaucoup de suisse-romands, et certainement de suisse-allemands, je ne pense pas exagérer en vous faisant remarquer que nous sommes fatigués de constater le mépris de nos langues nationales par les entreprises commerciales, ainsi que par les agences de publicité.
J’ose espérer que vous tiendrez compte de mes remarques qui représentent un mouvement toujours plus important des consommateurs helvétiques. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs changé de cap et emploient nos langues nationales pour leur publicité, et nous les en félicitons.
Dans cet espoir, je vous présente, Monsieur, mes salutations les meilleures.
Josiane Borioli
MIGROS FOODS
Lettre à l’intention de la Migros
Bonjour,
J’apprécie beaucoup vos jus de fruits « Anna’s best », mais mon plaisir s’est trouvé un peu diminué quand, après avoir acheté une bouteille de 75cl de jus d’Orange Sanguine, j’ai voulu lire les « FOOD FACTS ». Je me suis aperçu que tout était écrit en allemand. La Suisse se distingue par sa diversité linguistique autant que par le souci porté aux détails. Ces valeurs sont certainement également les vôtres. Je ne peux croire que c’est par facilité que vous utilisez l’anglais, à un seul endroit du bandeau, et je suis certain que la non traduction de ces « apports nutritionnels » est dû à une malencontreuse erreur technique. Puis-je vous suggérer de remplacer l’horrible « food facts » par un camembert coloré, symbole de ces apports, et pour économiser de la place, de rassembler les données sous forme de tableau, où peu de termes seraient à traduire ?
Meilleures salutations,
Benjamin Philippe
1239 Collex-Bossy
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Réponse de la Migros
Monsieur
Votre demande à l’Infoline nous a été transmise pour que nous vous répondions directement. C’est avec plaisir que nous allons essayer de vous être utiles.
Dans tout notre assortiment, les “Food Facts“ remplacent les anciennes indications de valeurs nutritives en 3 langues (Nährwerte / valeurs nutritives /valori nutritivi). Si des notices en anglais peuvent sembler antipathiques sur des produits suisses, elles présentent l’avantage d’économiser de la place. Elles sont en outre généralement bien comprises, particulièrement par les jeunes générations. La tendance à utiliser des expressions anglaises courtes et percutantes a donc également cours à Migros, même si cela vous irrite et vous déçoit ; il en est en outre de même chez Coop où les valeurs nutritives sont appelées FOODPROFIL…
Que les valeurs nutritives ne figurent qu’en une seule langue est une erreur. Même en cas de manque de place, nous nous efforçons toujours de les faire figurer au moins en deux langues (allemand et français). Nous avons informé le service compétent de cette erreur.
Nous regrettons de ne pas être en mesure de vous donner des informations plus favorables, et nous espérons que vous pourrez quand même continuer à apprécier votre jus d’orange !
Nous espérons vous avoir été utiles et restons à votre entière disposition pour toute question supplémentaire.
Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.
Andrea Fringeli-Bader
Nutrition & Santé
Terminologie, chefs-lieux et langue française
La Fondation Défense du français a reçu de M. Amédée Rouèche de Délémont la copie d’une lettre fort intéressante que ce dernier a adressée aux responsables de la rédaction du Dictionnaire historique de la Suisse. En voici le contenu :
Madame, Monsieur,
En consultant votre site, je constate malheureusement que la terminologie française n’est pas exacte. C’est notamment le cas lorsque vous mentionnez : Lausanne, chef-lieu du canton de Vaud, et pire encore pour Delémont : Comm. JU, chef-lieu de canton et de distr. (de quel canton et de quel district?)
En français, là où siègent le parlement et le gouvernement, de quelle grandeur que soit la ville, il s’agit d’une capitale. Les cantons suisses sont des Etats – demandez donc à M. H.-R. Merz – et il est malvenu de les désigner sous le vocable de chef-lieu (là où est établi une administration). Les visiteurs de votre site, de France et des autres pays francophones, sont en cela mal renseignés, puisqu’en français un chef-lieu de canton a une toute autre signification.
Il est également maladroit de procéder à des abréviations de bouts de ficelle : comm. pour commune, abréviation qui vous fait économiser, dans ce cas, deux espaces. Idem pour distr. au lieu de district.
Fort dommage pour un ouvrage de références tel que le vôtre.
Le Guide du Typographe édité par le Groupe de Lausanne de l’Association suisse des typographes AST, vous rendrait grand service. C’est une référence incontournable pour écrire et abréger correctement.
(Suivent les salutations)