Archive pour la catégorie ‘FREQUENCE LANGAGE’

MOTS DE LA MODE… QU’EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE?

L’Illustré Par Mélanie Blanc – Le 13.05.2010

Passer pour une pro de la mode n’est souvent qu’une question de VOCABULAIRE. On vous aide à vous retrouver dans la jungle des termes techniques. Petit lexique pour fashionista en puissance.


BOYFRIEND

Qu’on parle d’un jean ou d’une veste, le boyfriend est une pièce un poil trop grande qu’on aurait pu piquer à son mec. Attention à le porter avec parcimonie. Jamais deux pièces boyfriend en même temps.


BOYISH

Ont un style boyish toutes les filles qui aiment les looks à la garçonne: smoking, jean large, gavroche.


CAPSULE

Les collections capsules sont des minicollections qui sortent en dehors du calendrier traditionnel. Souvent l’occasion de créer le buzz en faisant appel à des stylistes qui ne sont pas de la maison, genre Lagerfeld pour H&M.


IT…

Il est toujours accompagné d’un nom, genre «bag» ou «girl». Il désigne LA chose à avoir, LE truc trendy du moment. Qu’on parle d’un sac ou d’une fille, par exemple.


JEGGING

Variation du legging, le jegging est un caleçon qui ressemble à un jean (d’où le mix entre «jean» et «legging»). Il se porte comme un legging, avec un top long plutôt large.


LOW BOOTS

Plus hautes qu’une chaussure, plus basses qu’une bottine, les low boots s’arrêtent juste en dessous de la malléole.


NUDE

Ce terme décrit tout ce qui a la couleur de la chair, soit des pièces rose ou beige clair.


OPEN TOES

L’été aussi, les bottes ou bottines restent à la mode. Presque les mêmes qu’en hiver, à un détail près: les orteils à l’air.


OVERSIZE

Lunettes, manteaux, sacs, T-shirts, pantalons. Tout peut être oversize. La condition? Voir grand. Mais en restant tendance. Acheter un T-shirt XXL au rayon mec ne fera pas l’affaire.


PREPPY

C’est le look des jeunes de bonne famille qui fréquentent les prep schools aux Etats-Unis. Des carreaux, des jupes plissées, des pulls à losanges, des vestes en tweed. La tendance preppy 2010 sera mâtinée de rétro pour être au top.


SNEAKERS

Pour parler «djeune», ce mot est incontournable. Des baskets? Oui. Mais pas n’importe lesquelles. Celles qui ont été détournées de leur pur usage sportif pour devenir des accessoires de mode destinés aux citadins.


SNOOD

Rien de plus que la basique écharpe tube. Accessoire phare du défilé Burberry automne-hiver 2009-2010, la marque anglaise l’a doté d’un nouveau nom. Ou comment donner l’impression de faire du neuf avec du vieux.


SWACKET

Contraction de «sweat» et de «jacket», ce terme désigne les vestes en molleton gris très en vogue cet été. Un peu jogging chic, il donnera une touche cool à un ensemble classe.


TANKINI

Un maillot de bain deux pièces composé d’une culotte et d’un haut en forme de débardeur.


TREGGING

Mélange de «trouser» (pantalon) et de «legging», il désigne un caleçon sophistiqué. Impression cuir ou lamé, il se marie bien avec un long blazer. On oublie l’effet disco années 80.


TRIKINI

Comme le bikini est composé de deux pièces, le trikini, lui, en possède trois. Un haut, un bas et une pièce qui relie les deux sur le devant.


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Résistants

Anglais, langue la plus difficile

LINGUISTIQUE. La majorité des petits Européens apprend à lire des mots simples en un an. Les Britanniques mettent deux à trois ans pour arriver au même résultat. La langue mondiale serait-elle particulièrement mal choisie ?


AU TEST DE LECTURE, L’ANGLAIS REMPORTE LA PALME DE LA LANGUE LA PLUS DIFFICILE

Les linguistes n’aiment pas parler de langues «faciles» ou «difficiles» : ils craignent les hiérarchisations. Pourtant, tout n’est pas relatif en matière d’idiomes. Et l’anglais est au centre d’un paradoxe : le cliché de «langue facile» lui colle à la peau. Or, dans le domaine de l’apprentissage de la lecture en tout cas, cette réputation est franchement à côté de la plaque.

Un professeur en psychologie cognitive, Philip Seymour de l’Université de Dundee en Ecosse, vient d’en apporter la preuve dans la plus vaste étude comparative menée jusqu’ici. Il a observé, dans 15 pays, des écoliers faisant leurs premiers pas en lecture. La plupart d’entre eux arrivent au bout d’un an à déchiffrer des mots simples. Les écoliers anglophones, eux, mettent deux à trois ans pour parvenir aux mêmes performances. Et la précocité de l’enseignement en Grande-Bretagne (5 ans) n’y est probablement pour rien, note Philip Seymour: les enfants Danois, qui abordent l’écrit à 7 ans, sont aussi dans le peloton de queue.. Avec eux, on trouve les Portugais et les Français. Mais le record de lenteur revient bel et bien aux anglophones.

Pourquoi ? C’est la nature même de l’anglais qui est en cause, pense Philip Seymour. Depuis quelques années, dans le cadre du même programme de recherche européen qui a permis l’étude écossaise, les linguistes ont identifié deux caractéristiques qui rendent les langues plus ou moins accessibles. La structure syllabique d’abord. Elle peut être toute simple, comme dans la syllabe ouverte de type «ba» familière aux langues romanes et aux bébés. Ou nettement plus complexe, comme dans la syllabe fermée aux deux bouts par un groupe de consonnes («sprint»). Seconde caractéristique: la simplicité ou l’«opacité» («depth») de l’orthographe. Les systèmes les plus simples offrent une correspondance constante et prévisible entre un son et une représentation graphique.

Dans les systèmes «opaques», cette correspondance est changeante et imprévisible. Or, de toutes les langues européennes, l’anglais est le champion des syllabes complexes et de l’orthographe opaque.
Au palmarès de la difficulté, les autres langues germaniques sont d’ailleurs aussi bien classées, tandis que les langues romanes se placent plutôt du côté de la simplicité. Mais la palme de la transparence revient au finnois, langue hors famille indo-européenne.

Comme quoi, il ne faut pas confondre exotisme et complication. Si l’anglais est particulièrement difficile d’accès pour les natifs, ne l’est-il pas aussi pour les autres? Philip Seymour n’entre pas en matière : ce n’était pas l’objet de son étude, dit-il. Un de ses confrères, le linguiste Mark Pagel de l’Université de Reading, n’hésite pas, quant à lui, à relever, dans le magazine New scientist de cette semaine, l’«ironie» qu’il y a à constater que «la lingua franca internationale est aussi la langue la plus difficile à apprendre». Et il rappelle que l’anglais ne s’est pas imposé grâce à une supposée «supériorité naturelle», mais par «accident historique». Selon le mot d’un autre linguiste, David Crystal *, la langue de la révolution industrielle s’est trouvée à plusieurs reprises «à la bonne place au bon moment».

Si donc le hasard a voulu que l’anglais devienne la langue globale, ce hasard aurait-il particulièrement mal fait les choses ? La question se pose dans un tout autre domaine que l’éducation, celui de la sécurité aérienne : on estime que 11% des accidents d’avion sont dus à une mauvaise communication linguistique. ** Les mêmes problèmes se produiraient avec n’importe quelle autre langue internationale, note David Crystal. Pas du tout, réplique Kent Jones, un ingénieur civil à la retraite habitant Chicago, et qui a fait de la «dangerosité» de l’anglais son cheval de bataille. Peu de langues comportent autant d’ambiguïtés, argue-t-il. Il est vrai que, pour des millions d’anglophones de fortune, une prononciation acceptable relève du rêve inaccessible. À propos, maîtrisez-vous les nuances entre «bate», «bet», «bit» et «beat» ?

Les spécialistes sont en tout cas d’accord sur un point: l’anglais est une «fausse langue facile» qui trompe son monde grâce à une grammaire avenante. Le plus amusant est encore de constater que certains continuent de célébrer cette prétendue simplicité dans un jargon incompréhensible qu’ils croient être de l’anglais.


* English as a global language, Cambridge University Press, 1997
** Fatal words : Communication clashes and Aircraft crashes de Steven Cushing, University of Chicago Press, 1994.
Anna Lietti
Source : LE TEMPS, journal du vendredi 14 septembre 2001

Le langage, une richesse pour les productions audiovisuelles

par Pascal Crittin

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Lieux communs

par Anne Cendre


Mots en toc et formules en tic

Anne Cendre* a adressé à l’Association Défense du Français les lignes qui suivent évoquant l’ouvrage d’un confrère, Frédéric Pommier, Mots en toc et formules en tic. Anne Cendre a notamment présenté ce texte dans le cadre de l’émission Jeux de mots sur Fréquence protestante, radio associative parisienne (<http://www.frequenceprotestante.com>).

Si l’on flâne dans les librairies, on trouve de nombreux bouquins sur le vocabulaire, souvent plein d’esprit. Aujourd’hui,  je me laisserai guider par un ouvrage écrit par un confrère de la radio publique, Frédéric Pommier. Ce journaliste, qui manie l’humour sans réticences, ce qui lui a valu quelques ennuis, se moque du parler d’aujourd’hui dans Mots en toc et formules en tic (éd. Du Seuil et Fr. inter) . Il ajoute un sous-titre,  petites maladies du parler d’aujourd’hui.

Ecoutez, c’est clair que… bon, voilà, il faut savoir… en fait…on va dire…donc…pour faire court…

Tous ces bafouillages superfétatoires, vous les entendez mille fois en une journée. Ils ne vous agacent pas ? Vous ne vous en rendez peut-être même plus compte ?

Il faut toutefois examiner ses propres tics de langage, balayer devant sa porte, voir la poutre dans son œil avant de fixer la paille dans l’œil du voisin. J’ai fait mon examen de conscience et il me semble que je recours un peu trop souvent à une formule vide de sens, « si vous voulez ». Au premier abord, cela pourrait être une manière de tenir compte de l’opinion de son interlocuteur ; en réalité, il n’en est rien. C’est seulement une façon de souligner une phrase, de prendre son temps.

Frédéric Pommier a établi une nomenclature de ces phrases ou de ces mots qu’on prononce à tout bout de champ. Une nomenclature totalement inventée. La vénérole, par exemple. Qu’est-ce que c’est ? « une affection se manifestant par l’usage répété de l‘expression j’adore ». L’auteur commente ainsi la réaction de sa grand-mère lorsqu’il avait utilisé ce verbe pour dire qu’il aimait énormément les flageolets. « Notre aïeule nous avait fusillés du regard puis crucifiés d’une phrase : On n’adore que Dieu ».

L’improbabiliose, encore une invention de Frédéric Pommier. Devinez-vous ? C’est l’usage répété du mot « improbable », l’un des plus fréquents dans la bouche de la gent médiatique. L’auteur cite un journaliste de radio parlant de la chute – évidemment il emploie crash, alors qu’il existe des mots français équivalents – d’un avion militaire au Kazakhstan.  « un accident improbable dans un pays improbable ». Cela fait bondir notre auteur. Un pays improbable. Qu’est-ce qu’un pays probable ? demande-t-il et nous avec lui.

Dans le même ordre d’idées, il y a l’incontournabiliose.  L’usage immodéré du mot incontournable. Un argument de vente qu’on applique à d’autres domaines. Lorsqu’on parle de personnages incontournables et probablement insupportables, il suffit, la plupart du temps, d’éteindre la télévision pour les éviter.

Inimitable, avez-vous remarqué que l’on qualifie souvent d’inimitable une voix à l’accent très personnel ? Ce sont, au contraire, des voix qu’il est très facile d’imiter. C’est un mot pour un autre, il s’agit en réalité de voix non pas inimitables, mais très reconnaissables.

Un chapitre particulièrement étoffé du livre de Frédéric Pommier s’intitule la périphrasie. L’auteur s’amuse à accumuler les périphrases les plus éculées. Il en recense un joli nombre, en prenant pour exemple principal le pape : le Saint Père, le très Saint Père, le souverain pontife, le vicaire de Jésus-Christ, le pasteur suprême, le chef de l’Eglise, l’évêque universel, le successeur de saint Pierre, Sa Sainteté. Voici un beau choix de périphrasie « Dans la langue de Cicéron il a parlé des Saintes Ecritures, expliquant que la Grande Faucheuse ne pouvait rien face au Tout Puissant et que les armées célestes étaient plus fortes que le Prince des ténèbres ».

Toutes les périphrases visent évidemment à varier le ton et à éviter les répétitions. Elles aboutissent parfois à des embrouillaminis peu convaincants. Mais si elles font rire, c’est toujours ça de bon. Comme périphrase récente, nous avons eu droit à des « épisodes neigeux » ; pas très précis, un épisode neigeux, les météorologues ne se mouillaient pas.

Parmi les mots à la mode, n’ayant pas pour but de faire rire : glauque. Glauque remplace généralement lugubre, sordide, louche, sinistre, voire sulfureux, autre adjectif très usité. Qui sent le soufre, donc diabolique, dont on sous-entend les turpitudes sans vouloir ou pouvoir les dévoiler.

Dans le genre, il vaudrait mieux remonter à Frédéric Dard qui, lorsqu’il cherchait un mot efficace, après avoir consulté tous les dictionnaires, se décidait à en inventer un. C’est aussi ce que fait Alain Créhange qui, dans Le Pornithorynque est-il lustré ? (Ed. Fage), publie ses mots-valises inventés.

Autres mots très utilisés dans la presse écrite ou à la radio, ce sont le décryptage, le parcours, la nébuleuse. Nébuleuse est particulièrement prisée en raison justement de son imprécision. Le Larousse dit : « rassemblement d’éléments hétéroclites, aux relations imprécises et confuses ». Si l’on n’a pas le temps d’enquêter sur le sujet, la nébuleuse rend de grands services.

Quand on passe d’un sujet à l’autre, comme je le fais en ce moment, en  essayant de trouver des points communs, on rebondit. Vous voyez les journalistes rebondir, sauter comme des gamins sur un trampoline ou comme un ballon sur un terrain de jeu. Cela se rapproche de ce que Frédéric Pommier appelle la catapulte, l’usage répété de l’expression « monter au créneau ».

Ils n’ont peut-être pas besoin de faire du chiffre, comme les policiers, mais ils utilisent beaucoup cette formule, qui s’accompagne du délit de faciès. Toutes deux aussi méprisables, dans quelque sens qu’on les approche.

Sens, voilà encore un mot employé bizarrement. On dit maintenant que les choses « font sens ». De quel sens s’agit-il ? Les choses ont un sens, les gens ont du sens, du bon sens et du sens commun, il faut l’espérer. Mais faire sens, ça n’a pas de sens, comme disait Raymond Devos.

Faire sens, c’est une traduction littérale de l’anglais,  to make sense. Nous en trouvons maintenant de plus en plus.

Cela a débuté il y a longtemps par l’habitude de la tasse de thé : « ce n’est pas ma tasse de thé », une expression courante en anglais  , mais qui s’accommode mal en France où l’on dirait plutôt « ce n’est pas mon genre ou ce n’est pas mon goût ».  Plus récemment on cherche « des chevaliers blancs » (les white knights) pour renflouer les caisses qui ont été vidées par des « éléphants blancs », des white elephants, des projets qui ressemblent à des puits sans fond. Et on se refile « la patate chaude » (hot potato).

Vous avez un problème avec ça (Do you have a problem with that) ? Autre traduction littérale. Cela pose certainement un problème.

L’usage des anglicismes à l’état pur, sans traduction et parfois à tort, sont fréquents. J’ai entendu à cet égard, sur les ondes de la radio française, une perle que je ne voudrais pas laisser filer. C’était le jour de l’annonce des lauréats de prix littéraires. En l’occurrence le Renaudot attribué à Virginie Despentes, la seule femme du lot. La journaliste déclare « and the winner is, ou plutôt and the winneuse is… » Et cela pour un prix littéraire de langue française.

Faut-il trouver une excuse à cette journaliste inventive ? Le mot vainqueur n’a pas de féminin.

Pour terminer, je noterai une salutation qui vient directement de l’anglais et qui est arrivée récemment sur les rivages de France, « prenez soin de vous », take care.


*Anne CENDRE, après une licence en sciences sociales et un diplôme de bibliothécaire, a été journaliste pendant 35 ans dans la presse écrite. En poste à Genève, puis correspondante à Londres, elle a traité tous les sujets possibles et impossibles. Aujourd’hui Anne Cendre mêle l’utile à l’agréable : collaborer à une radio protestante et se lancer dans une nouvelle forme de journalisme. Son émission “Jeux de mots” lui permet d’approfondir son amour de la langue française. Par ailleurs, elle a récemment publié un ouvrage passionnant, « Promenades protestantes à Paris (éd. Labor et Fides, fév. 2011)», qui fait découvrir avec originalité la capitale française et ses grandes personnalités protestantes.

Langage, internet et fous rires

par Agnès-Valérie Bessis


Promotions du Gymnase de Burier

Le 30 juin 2011, le Marché couvert de Montreux accueillait étudiants, enseignants, personnalités politiques, parents et public pour la remise des baccalauréats et diplômes décernés par le Gymnase (lycée) de Burier près de Montreux. A cette occasion, Madame la Directrice Agnès-Valérie Bessis a notamment développé dans son discours une réflexion sur la notion de langage. Elle a autorisé l’Association Défense du Français à en publier les quelques extraits significatifs qui suivent :

(…)….

Le temps peut paraître très court à vos parents depuis vos premiers pas hésitants. Ce jour consacre le grand pas que vous avez franchi qui vous invite à prendre les décisions d’embrasser la direction de votre vie.

Henri Bergson dans son ouvrage L’Évolution créatrice soulignait «L’être vivant est surtout un lieu de passage, et l’essentiel de la vie tient dans le mouvement qui la transmet.»

Passage d’un lieu à un autre, d’un état physique ou psychique à un autre, passage de l’âge adolescent à l’âge adulte. Avancer pas à pas augure des changements, des évolutions. Nous constaterons avec curiosité le lien étonnant entre les homonymes le pas (mouvement, déplacement) et pas (de ne pas adverbe de négation). Le pas assurant le mouvement serait lié au ne pas, marquant la restriction de toute action. Ne pas, c’est ne pas faire le pas. Je vous souhaite, Mesdemoiselles et Messieurs, un équilibre parfait de vos pas dans toutes vos actions futures (…).

Pour chaque génération, le langage se forme, se déforme et se transforme. Jeunes gens nés à la fin du XXe siècle, vous parcourez la toile (surfer) – l’Internet – pour dénicher vos séries télévisées préférés (télécharger) tout en envoyant un message (SMS, short message service) à un ami. Nous connaissions l’argot et ses différentes déclinaisons, le javanais, le verlan, le langage des banlieues, voici le temps venu de la net-génération créatrice de nouveaux vocables. Il y a dix ans qui aurait pu comprendre un texte comme celui-ci déposé sur le wall de Sophie : « Kévin le geek est trop vénère, il n’a pas arrêté d’avoir des lags en jouant à Call of duty parce que sa sœur seedait trop de torrents. »

Pour « déplaire » aux participants du Sommet de la francophonie organisé dans cette belle ville de Montreux en octobre dernier, on pourrait rajouter « Ce week-end, j’ai booké un charter low cost, je pourrai checker demain sur mon smartphone le mail de confirmation»

Si vous êtes en panne d’inspiration de nouveaux mots, termes, l’internet est aussi une source d’information rare qui vous permet entre autre d’accéder à des dictionnaires anciens comme celui publié en 1865, écrit par Laurédan Larchey « Les excentricités du langage ». C’est un ravissement pour l’esprit et je puis vous assurer des rires et des fous rires à découvrir ses bons mots aux définitions recherchées.

Le dictionnaire des mots rares et précieux se consulte avec gourmandise et permet de découvrir par soi-même l’étrange pays des mots, note l’éditeur Jean-Claude Zylberstein. Il poursuit dans l’avant propos : les mots peuvent être pris dans des acceptations si variées que nous les avons rarement toutes présentes à l’esprit, l’évolution du langage ne cesse de les modifier jusqu’à rendre presque méconnaissable le sens original du vocable.

Pour illustrer ces propos, prenons la malheureuse pensée matinale d’une gymnasienne, d’un gymnasien.

« Mon réveil n’a pas sonné, je reste au plumard, je prendrai l’omnibus plus tard ».

En cherchant la signification des mots réveil matin, plumard et omnibus dans le dictionnaire précédemment cité, nous pouvons en effet constater que le sens d’un propos est lié à son utilité temporelle.

Le réveil matin : nom populaire d’une sorte d’euphorbe (plante) dont le suc laiteux est très irritant pour les yeux. Le réveil est en effet assuré …

Le plumard : en mécanique – poutre scellée des deux bouts (plusieurs plumards formeraient un lit)

Omnibus :

Homme à tout faire dans un restaurant ou un établissement public.

Pas de commentaires ! Mesdemoiselles, Messieurs, pouvez-vous imaginer quel langage parleront vos enfants ? Manieront-ils l’imparfait du subjonctif et le langage familier avec aisance ? Soit pour continuer la pensée matinale de l’élève habité de paresse : « Je serai donc puni, le doyen désirait que j’arrivasse le plus tôt possible et que je ne traînasse point dans mon plumard. »

Nul ne peut imaginer les futuribles du langage, mais force est de constater que la jeunesse (celle d’hier, d’aujourd’hui et de demain) est curieuse, touchante, pleine de surprise. Nous apprenons d’elle ce qu’elle a à offrir et nous devons l’encourager à rester épatante (…).

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