Archive pour la catégorie ‘02- Textes fondamentaux’

« LE NOUVEL EMPIRE SERA LINGUISTIQUE, IL FAUT DONC ASSEOIR LA SUPRÉMATIE DE LA LANGUE ANGLAISE »

Voilà ce que disait Churchill en 1943…

Quelques années plus tard, l’anglais Robert Phillipson insistait auprès des anglo-saxons dans  son livre « Linguistic imperialism » publié en 1992, sur le fait que l’anglais devait devenir la langue dominante dans le monde, remplaçant ainsi les autres langues et surtout leurs visions du monde.

Les anglo-saxons sont en train de gagner ce combat essentiel pour la maîtrise de l’avenir.

C’est en tous cas ce qui ressort d’une conférence organisée par l’association Bruxelles Europe qui s’est tenue à la Commission Européenne le 17 novembre dernier sous le titre évocateur : « Diversité linguistique : Faut-il parler anglais pour être européen ? »

Les conférenciers étaient Quentin Dickinson, directeur des affaires européennes de Radio France, Jean Quatremer, correspondant de Libération, Michel Theys, journaliste des questions européennes. Une centaine de personnes ont participé à cette conférence parmi lesquelles l’ambassadeur de France auprès de l’UE (Monsieur Philippe Etienne) et le Consul de France à Bruxelles…

Après un rappel de l’évolution des règles du régime linguistique au sein de l’union dès son origine (règlement 1/58), lors des périodes d’élargissement, les orateurs et le constat de la pratique actuelle, les orateurs ont fait le constat que la grande bascule vers le tout anglais date de la période de la Commission Prodi (1995/2004). En effet, le chargé de la réforme administrative, le vice-président anglais, Neil Kinnock, a œuvré pour la défense des intérêts linguistiques de la Grande Bretagne et du Bristish Council dont il sera le président jusqu’en juin 2009.

L’attitude des anglo-saxons n’est pas sans faire écho à ce qu’écrivait Jules Destrée dans sa « Lettre au Roi » à propos d’un Peuple voisin : « Ils nous ont pris notre langue. Plus exactement, ils sont occupés à nous la prendre. Nous ne connaissons encore que la menace et l’humiliation. L’œuvre maudite se poursuit lentement, par degrés, sans brusque éclat, avec la patiente opiniâtreté qu’ils apportent en leurs conquêtes. On y distingue trois étapes : d’abord, le flamand se glisse insidieusement, humblement, auprès du français. Il ne s’agit que d’une traduction : qui pourrait refuser ce service fraternel à nos frères ? Puis, un beau jour, le flamand s’affirme en maître : il revendique la première place qu’il appelle l’égalité; le français n’est plus que toléré. Enfin, le français sans cesse anémié, diminué, proscrit, disparaît. Et le lion de Flandre est souverain sans partage. »

C’est que pour des raisons similaires à celles invoquées par Destrée, face à une politique d’expansion de la langue anglaise portée par le mercantilisme agressif des vainqueurs de la seconde guerre, il n’y a eu qu’un processus de renoncement et d’angélisme des autres pays. Dont la France, hélas ! Pensons simplement à des attitudes suicidaires des représentants français à l’Union Européenne comme le choix systématique de s’exprimer en anglais (ressenti d’ailleurs comme un mépris des traducteurs) ou celui de travailler et de faire travailler uniquement en anglais ou en faisant de l’anglais la langue unique des commissions dont ils ont la charge.

Ce renoncement à l’emploi du français par les élites francophones a entraîné par effet de domino l’effacement des autres langues notamment l’allemand et l’italien. Avec la complicité enthousiaste de la Belgique évidemment. Les Flamands réglant un vieux compte avec cette langue qui leur rappelle le mépris de leurs propres élites pour leur peuple. Les autres, les belges francophones, par snobisme et pseudo esprit d’ouverture (*). L’occupation de tous les postes extérieurs par des Flamands n’augure certes pas d’un changement.

Il faut le dire, la langue anglaise est installée durablement en position hégémonique au sein des institutions européennes. Le français – langue de 3 pays fondateurs – y a ainsi perdu son rang. Le renoncement à l’emploi du français par les élites francophones a entraîné par effet de domino l’effacement des autres langues, notamment l’allemand et l’italien qui sont hors d’état de contre balancer cette hégémonie linguistique. A un point tel que dans certains Etats membres, la langue anglaise est en train de prendre souche dans les jardins d’enfants et elle est déjà de plus en plus la langue de transmission des savoirs dans l’enseignement supérieur.

Si même la France n’échappe pas à ce processus d’anglicisation, il suffit d’écouter le flot continu d’anglicisme utilisé de préférence aux équivalents originaux français dans une institution publique de la Communauté française comme la RTB (f) pour constater que nous sommes là aussi plus qu’en perte de vitesse.  C’est une politique volontaire de destruction. Comment peut-il en être autrement.

Le grand débat sur l’identité nationale en France  vient un peu tard dans ce contexte. Pour moi, c’est l’identité, c’est d’abord l’identité de choix de culture et donc de langue ainsi que de volonté d’un destin commun. (**).

Mais c’est aussi et surtout le rappel de valeurs essentielles portées dans les premiers mots de la déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen  que ses auteurs ont voulue universelle: Les deux premiers mots sont « Les hommes », sans distinction géographique, linguistique ou raciale. « Les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »

Ça commence aujourd’hui, mais demain, si nous n’y prenons garde, la qualité de « citoyen européen » sera conditionnée à la maîtrise de la langue anglaise et par la même, au niveau de perfection en anglais dont vous êtes capable. Ce qui déterminera votre évolution sociale et hiérarchique et surtout celle de vos enfants. Cela implique, qu’en contradiction avec l’article premier de la Déclaration des Droits, en l’absence de cette maîtrise, vous ne pouvez pas vous affirmer comme un citoyen européen à part entière.

La Belgique, pays fondateur de ce qui n’est jamais qu’un grand marché et qu’on appelle l’Union européenne partage la responsabilité de ce désastre civique et linguistique avec les élites françaises car se battre pour maintenir l’emploi du français était un combat indissociable de la protection des autres langues.

Leur responsabilité est grande d’avoir contribué à ce que le français et l’allemand ne soient plus considérés comme des langues internationales et seront demain – si nous n’y prenons garde – reléguées de fait comme langues « régionales » de l’Union Européennes sans en avoir le statut.

(*) Et que dire de la folie de la mode des écoles d’immersion (aujourd’hui) en néerlandais (demain en anglais…), facteur favorisant la perte d’identité. Donnant raison à Jules Destrée quand il qualifiait ainsi les bruxellois de l’époque (celle d’avant le politiquement correct !) de « métis » : « Une seconde espèce de Belges s’est formée dans le pays, et principalement à Bruxelles. Mais elle est vraiment peu intéressante. Elle semble avoir additionné les défauts de deux races, en perdant leurs qualités. Elle a pour moyen d’expression un jargon innommable dont les familles Beulemans et Kakebroek ont popularisé la drôlerie imprévue (….) Cette population de la capitale, dont quelques échantillons épars existent en province, n’est point un peuple: c’est un agglomérat de métis.(…) En réalité, le métis est insensible à l’appel de la race, à l’amour de la terre et des aïeux ». (Jules Destrée. Wallons et Flamands, la querelle linguistique en Belgique. Plon, Paris).

(**) « L’Etat unitaire a, pendant des décennies, fait dispenser une histoire « orientée » en projetant dans le passé une situation qui ne remontait qu’à 1830. Au nom d’une certaine idée du patriotisme qui s’identifiait à l’unitarisme, on a banni tout ce qui permettait de douter de l’inéluctabilité du phénomène « Belgique » et, par contrecoup, on s’est efforcé de nier les spécificités régionales. Or, comme le disait si poétiquement un slogan de l’Association des Amis de l’Université de Liège, « Sans racines, l’arbre meurt. Nos racines, c’est l’histoire. » Au moment où il est plus que jamais question de régionalisation et de communautarisation, il serait aberrant que le nouveau pouvoir substitue « l’absence de l’histoire » à une « histoire orientée », ce qui aboutira au même résultat : priver les citoyens de nos régions de leurs racines culturelles » (Hervé HASQUIN, Historiographie et Politique, Essai sur l’histoire de Belgique et la Wallonie, Charleroi, Institut Jules Destrée, 1982.)

(http://www.claude-thayse.over-blog.com/article–le-nouvel-empire-sera-linguistique-il-faut-donc-asseoir-la-suprematie-de-la-langue-anglaise–40790821.html)

(document communiqué par Claude Marcet, Genève)

BRÛLOT ANTI-FRANÇAIS DE CHRISTIE DAVIES

Date : 03/11/2009  FFi-Québec  (courriel : ffi-quebec(chez)videotron.ca)   Mesure anti-pourriels : Si vous voulez écrire à notre correspondant, remplacez « chez » par « @ »

Introduction :

Christie Davies est diplômé de Cambridge et est professeur émérite à l’ University of Reading.
Le texte ci-joint a été publié dans la revue « Varsity ». C’est une publication interne à  cette université, l’audience de cette revue n’est donc pas considérable. Néanmoins, ce texte ne fait que rendre public et confirmer ce que disent nombre de gens de l’anglosphère.
L’intention du professeur Davies n’est pas innocente. Elle est consciente et éminemment politique. Davies conditionne la future génération sur les objectifs à poursuivre.

Elle est la partie visible de la guerre cachée (au niveau du persiflage) que fait l’anglosphère contre tout ce qui est français. Parfois les salopards racistes s’enhardissent et disent devant un grand public ce qu’ils se disent entre eux. Cela ne fait que rendre public et confirmer ce que se disent discrètement nombre de gens de l’anglosphère.

Quand on veut atteindre un objectif, quand on participe à la réalisation d’un objectif… il faut bien finir par dire les choses devant un grand public si on veut engendrer un mouvement important !

C’est ce que fait le professeur Davies.
L’objectif est réel et correspond en totalité à tout ce que j’observe, un peu partout, pour miner la place du français.

Davies dit tout haut, les intentions occultes que j’observe depuis longtemps, des intentions occultes sous-jacentes à l’asservissement des institutions de l’Union européenne, du gouvernement français et des médias français.

La guerre des langues ce n’est pas une abstraction vaporeuse. C’est un continuum d’actions malveillantes et mesquines qui se déroulent quotidiennement, qui ont lieu dès que les occasions se présentent pour les exercer.

Détail intéressant, Davies relève lui-même orgueilleusement, en innocent, de nombreux événements de l’histoire où la France a subi des revers : l’Indochine et l’Algérie au 20e siècle, Falocha au 19e.

Il cache toutefois le rôle occulte de l’anglosphère dans ces événements, notamment en Indochine et en Algérie où les services secrets américains et britanniques ont comploté, financé et armé les rebelles avec les conséquences que l’on connaît.

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Voici la traduction française du texte en question (Christie Davies. Towards a Common Language, Varsity, No 701, p. 9 ; October 9, 2009
(varsity.co.uk).

VERS UNE LANGUE COMMUNE

La proéminence du français est une anomalie disgracieuse [ honteuse ], soutient le sociologue Christie Davies.  Nous devons travailler à supprimer cette langue aristocratique et obsolète, sinon nous ne parviendrons pas au rêve de créer les États Unis d’Europe.

Si l’Europe doit devenir une fédération unie, il est encore plus important d’avoir une seule langue commune que d’avoir une seule monnaie commune. Dans la Communauté Européenne, il y a plus de 20 langues différentes parlées au niveau des états-nations. Si elles servent toutes, les institutions européennes deviendront une Tour de Babel et nous serons écrasés en conséquence.

Vingt langues, cela signifie trois cent quatre-vingt traductions et autant de traducteurs pour tous les discours et tous les documents. Une langue commune est aussi nécessaire pour le Droit, qu’une monnaie pour le commerce et c’est le Droit qui établit la structure pour le commerce. De plus, la langue d’un pays est plus reliée à une défense bornée de l’identité nationale qu’à sa monnaie.

Il faut faire quelque chose pour réduire le nombre de langues en Europe. Trois langues à apprendre, c’est habituellement le plus qu’on puisse demander à une personne, et il apparaît évident que ces trois langues sont l’anglais, l’espagnol et l’allemand. L’anglais est la seule langue vraiment mondiale et c’est une des langues nationales de pays influents tels l’Inde, les États-Unis d’Amérique et l’Australie. Si un Japonais veut parler à un Javanais, ou un Israélien parler à un Norvégien, ils le feront en anglais. L’espagnol est la langue d’une grande partie de l’Amérique latine et d’une proportion croissante des citoyens des États-Unis d’Amérique du Nord. En fait, selon la tendance démographique actuelle, l’espagnol remplacera éventuellement la langue de Thomas Jefferson et de Jesse Jackson. L’allemand est la langue première de près de cent millions d’Européens et la langue seconde de nombreux autres. La puissance de l’armée allemande, le pouvoir d’achat des touristes allemands et l’intraduisibilité de leurs noms abstraits ont mis les Allemands au cœur de l’Europe et de ce que c’est que d’être Européen.

Notre tâche la plus importante est d’éradiquer la langue française. C’est une anomalie disgracieuse qu’au vingt-et-unième siècle, la langue française soit perçue comme une langue mondiale. En fait, c’était déjà une anomalie à l’époque de la Ligue des Nations. De nos jours, la langue française est peu parlée hors de la France. Il y a plus de gens sur terre qui parlent le portugais que le français. En Indochine, l’anglais est plus parlée que la langue des vaincus de Dien Bien Phu. La langue de Vichy s’efface en Syrie, tout comme celle de Georges Bidault en Algérie. À bien y penser, quel intérêt y a-t-il pour quelqu’un au Zaïre ou au Rouanda de parler le belgo-français cassé de Poirot. Le français est restreint à quelques poussières de sable du Sahara où les verges galloises ont autrefois aiguisé leurs griffes. La langue française a été vaincue à Fachoda.

Autrefois le français était la langue d’oppresseurs aristocratiques et des dirigeants de l’Europe orientale qui s’en servaient pour se distancer de leurs propres serfs et paysans. La langue française a depuis longtemps été remplacée par l’anglais et l’allemand, les langues de la science, de la technique, du commerce, en un mot de la modernité. Presque tous les journaux scientifiques et techniques sont publiés en anglais ;  aucun scientifique français ne veut que ses dernières recherches dorment dans l’obscurité de la langue française.

Même la faible continuation de l’usage du français en Grande Bretagne est un anachronisme snobinard. Sa seule fonction est de permettre à ses usagers de commander un repas dans un restaurant de luxe ; dans les restaurants italiens et chinois, fréquentés par la plèbe, le menu est traduit en anglais. Il est possible de voyager partout sur la planète, hors la France et le Québec, où  il y aura toujours quelqu’un qui parle non seulement anglais, mais un excellent anglais, avec lequel on puisse discuter.  Il n’y a qu’en France où on se voit faire des efforts avec les sons grossiers d’une langue qui est un croisement entre Donald Duck et un ordinateur Apple obsolète qui vous a piégé dans une manœuvre illégale. Quand les Français vous répondent, vous ne pouvez rien comprendre de ce qu’ils disent parce qu’ils baragouinent. C’est l’orwellien doubleplusgoodfrog-speaker [ intraduisible : super-franchouillard ? ] en action. Nous avons laissé notre voisin maladroit nous obliger à apprendre le français. En fait, ils ont banni tous les mots anglais de leur langue et aucune publicité en anglais est permise en France. Même les vieilles femmes françaises, qui ont acquis un peu d’anglais commercial lorsque nos armées étaient là, refusent maintenant de le parler.

C’est clairement une situation qui doit être inversée, si des États-Unis d’Europe doivent être créés. Avec le temps, les peuples d’Europe vont éliminer la langue française tout comme la Politique agricole française commune. Mais, comme nous sommes le pays qui avons la langue mondiale, il nous incombe de montrer le chemin et de s’éloigner du français.

On devrait immédiatement cesser d’enseigner le français dans les écoles en vue d’élargir la zone sans langue française en Europe. Les Suédois ne parlent pas français, les Tchèques ne parlent pas français et les espagnols délaissent le français. Pourquoi faire un effort pour le français. On devrait plutôt encourager les autres langues de France, le breton, le corse, l’alsacien, le basque et le flamand aux dépends du français. Nous aurions alors un corpus de personnes qui pourraient ostensiblement utiliser ces langues pour humilier les monolingues Français. Cela pourrait saper le monopole putatif et le statut et la réputation de la langue française dans son propre territoire.

Ceux parmi nous qui parlent français devraient refuser de s’en servir en évitant de visiter la France et en insistant pour utiliser l’anglais, l’allemand et l’espagnol quand on leur parle français. Il faut surtout éviter de reconnaître la moindre connaissance de cette langue. Si par désespoir vous êtes obligés de parler français, alors ayez la décence de le mal parler. Un bon accent français est un signe de licence chez une femme et de féminisation chez l’homme. On doit la survie de notre pays a des gens qui nommaient Ypres, « Wipers ». Essuyons le plancher avec les français. [ Ypres the floor with the French. ] Ce serait sot de notre part de d’essayer d’éliminer de notre langue les mots français et les mots d’origine française, car notre langue nous vient de nombreuses sources, mais en riposte au boycott de l’anglais, nous devrions symboliquement éliminer certains mots de notre usage quotidien. Ce serait approprié s’il s’agissait de mots en rapport avec l’alimentation. Nous n’avons aucun besoin des mots café, restaurant, menu, coq au vin. Pourquoi pas « eatery ». « posh ». « foodlist » « sex in a transit ».

De tels sentiments et actions pourraient paraître chauvins, mais ils pourraient être appliqués dialectiquement au service de l’unité européenne à laquelle la France est le plus grand obstacle. Si nous attisons les passions nationalistes pour éradiquer le français, ce n’est pas parce que nous sommes certains que l’anglais s’imposera comme la langue des États-Unis d’Europe. Nous savons que l’allemand ou l’espagnol pourraient obtenir cette place. En effet, demain, nous parlerons peut-être le castellan ou l’allemand. Mais aujourd’hui nous devons nous occuper du français.
Christie Davies est diplômé de Cambridge et professeur émérite, University of Reading.

(Texte communiqué par Claude Marcet, Genève)

LANGUE FRANCAISE – LA POLEMIQUE

Frédéric Martel appelait les Français à « parler english » dans Le Point du 8 juillet. « Faut-il s’excuser d’employer des mots anglais ? Faut-il battre sa coulpe ? Non. Il faut, au contraire, les assumer et rejeter cette francophonie poussiéreuse et ringarde qu’on veut nous imposer », affirme-t-il. L’auteur de Mainstream (Flammarion), une enquête sur la culture mondialisée, s’insurge contre une « francophonie arrogante et ringarde ». Il prône l’anglais comme langue de libération. Le linguiste Claude Hagège et l’écrivain François Taillandier ne partagent guère ce point de vue. Dans le numéro du Point actuellement en kiosque, ils lui répondent : non, affirment-ils, le français n’est pas mort. Le premier précise que notre langue est « créative et universelle », tandis que le second s’élève point par point contre les arguments développés par Frédéric Martel. Le débat est lancé.

Pour lire l’ensemble des textes :

http://www.lepoint.fr/societe/langue-francaise-la-polemique-08-08-2010-1223162_23.php

Histoire de la grenouille

Texte communiqué par Claude Marcet

L’histoire de la grenouille, histoire qui devrait être la base affirmée de tous nos combats, tant elle représente une « réalité-vraie » de l’invasion de la langue anglaise dans notre environnement sociétal.

Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau (ou l’inconscience du changement).

Imaginez une mannite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquiUement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.

Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.

Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.

C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue cependant assez lentement pour que personne – ou presque – ne s’en offusque.

Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.

Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.

Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement?

D’une part en ne cessant d’accroître sa conscience, d’autre part en conservant un souvenir intact de l’idéal et des buts que l’on s’est fixés.

Extraits d’un texte ( http://www.olivierclerc.com )

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