Procès-verbaux
Rapports d’activité

Association « Défense du français »

Procès-verbal de l’assemblée générale ordinaire du 16 juin 2012
Bussigny-près-Lausanne, Hôtel-de-Ville
(extraits)

38 membres sont présents ce jour, auxquels s’ajoutent les présences de Mme Claudine Wyssa, Syndic de la Commune de Bussigny, et de M. Michel Bühler, auteur, chanteur, compositeur.


Propos de bienvenue
L’assemblée est ouverte à 10h25 par le président, M. D. Berberat. Ce dernier formule quelques propos de bienvenue, salue les personnes présentes et remercie la Commune de Bussigny qui nous accueille aujourd’hui, ainsi que pour l’apéritif qui nous sera gracieusement offert à l’issue de la réunion.

Le président nous informe que nous accueillerons, en fin d’assemblée, M. Michel Bühler qui nous parlera de son ouvrage « La chanson est une clé à molette » où ce dernier s’en prend aux paroles anglo-saxones des airs diffusés par nos radios.

Puis, le président donne la parole à Mme Claudine Wyssa qui nous présente sa commune de l’Ouest-lausannois, Bussigny-près-Lausanne.

(…)


Rapport d’activité
Le président donne connaissance de son rapport d’activité pour la période 2011-2012, lequel est repris ci-dessous. Le rapport d’activité sera également disponible d’ici quelques temps sur notre site Internet.


Rapport d’activité 2011-2012

Depuis notre dernière Assemblée générale, qui s’est déroulée le 25 juin 2011 à Nyon, le Comité s’est réuni à 10 reprises, la dernière fois ce matin-même.

Au niveau des activités de notre Association, nous mentionnerons en premier lieu les deux Cafés francophones organisés durant l’exercice sous revue.

  • Le premier de ceux-ci a eu lieu le 9 novembre 2011 à Neuchâtel, en collaboration avec le Fichier français de Berne. La conférencière du jour était Madame Michèle Lenoble-Pinson, grammairienne belge réputée, qui a su captiver l’assistance d’une septantaine de personnes par des propos pertinents et mesurés au sujet de la féminisation des noms, suite à quoi nous avons assisté à un débat nourri et passionné.

  • Le second Café francophone s’est déroulé le 24 avril dernier à Genève. Nous avons eu le grand plaisir d’accueillir à cette occasion Me Marc Bonnant, ténor genevois du barreau très connu, qui a tenté, sur le mode polémique qu’on lui connait, de répondre à la question de savoir si l’évolution de l’usage de notre langue est inquiétante. Cette manifestation, également organisée en coopération avec le Fichier français de Berne et le Club de la grammaire, a connu un vif succès puisque plus de 90 personnes étaient présentes à cette occasion. A n’en point douter la personnalité de l’orateur est liée à ce succès. En seconde partie, nous avons eu le plaisir d’accueillir et de remercier le Conseiller d’Etat genevois François Longchamp qui  a déployé des efforts très importants afin de lutter contre les anglicismes, notamment en rebaptisant Palexpo. Seul petite ombre au tableau, la rigidité du tenancier du Café Papon, qui ne nous a pas facilité la vie.

Durant l’exercice sous rubrique, nous avons édité le Bulletin n° 16 qui a paru en décembre 2011. Le Bulletin  n° 17 devrait paraitre, quant à lui, à la rentrée d’été de cette année. Nous tenons également à vous signaler le retrait, pour raisons professionnelles, de notre membre du Comité Olivier Bloesch, qui s’occupait de la coordination de l’édition de notre Bulletin. Le Comité a décidé de faire appel à M. François Nussbaum, journaliste à L’Impartial/l’Express, qui s’occupe déjà activement au prochain numéro de notre Bulletin. Je profite de l’occasion pour rappeler que ce travail très important est accompli par des bénévoles que je tiens ici à remercier.

En ce qui concerne notre site internet, celui-ci est régulièrement mis à jour par notre collègue François Berger. Toutefois, en raison de problèmes de santé de ce dernier, qui se sont fort heureusement réglés, le site est resté en veilleuse durant quelques mois. A l’heure actuelle, la situation est rétablie et notre site est à jour.

Notre Comité a également pris l’initiative de prendre contact avec les journalistes parlementaires romands accrédités à Berne afin de les sensibiliser à notre action. Outre une lettre du Comité, ces journalistes ont reçu un exemplaire de notre Bulletin.

Nous avons aussi décidé d’écrire à tous les parlementaires fédéraux romands, membres ou non membres de notre Association, pour les féliciter de leur élection ou réélection, suite aux Fédérales d’octobre 2011. Cette campagne a eu un certain succès puisque cinq parlementaires ont adhéré à notre Association.

Nous envisageons de procéder de la même manière avec les parlementaires cantonaux et prendrons contact à la rentrée d’été avec ceux du canton de Vaud, suite aux récentes élections dans ce canton.

Nous pouvons également noter que nous avons suivi toute l’élaboration du projet de nouvelle Constitution genevoise en souhaitant que nos membres, habitant le canton de Genève, approuvent en octobre prochain, le projet qui concrétise une nette avancée de la reconnaissance et la défense de notre langue.

Dans un but de rapprochement avec nos membres, le Comité a décidé de faire une visite annuelle dans une ville de notre pays. La première de ces visites a eu lieu le 29 août 2011 à Soleure, sous l’experte conduite de notre membre Albert Fahrni, qui réside depuis fort longtemps dans la « ville des Ambassadeurs » qui a toujours été très francophiles. Après une visite de la cité, nous avons été reçus par le Maire de Soleure, le Conseiller national Kurt Flury, avant de prendre un repas dans un établissement public de la place. Le bilan de cette première journée, qui a accueilli une quarantaine de personnes, est très favorable et nous réitérerons l’expérience le 11 septembre prochain à Berne où nous visiterons le Palais fédéral, serons reçus par le maire de la Ville avant de parcourir cette cité inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le 17 mars dernier, notre Association a participé aux rencontres francophones de Neuchâtel. A cette occasion, les participants ont discuté de la politique linguistique des universités, hautes écoles et du Fonds national de la recherche scientifique, ainsi que de la place du français dans les organisations internationales.

Durant cette année, nous nous sommes penchés sur la question de l’amélioration de la visibilité de notre Association. De premières mesures ont été prises avec l’aide d’une agence de communication dirigée par l’un de nos membres à l’occasion du Café francophone de Neuchâtel. Toutefois, le concept global proposé demandait une trop forte implication du Comité au niveau des forces de travail, raison pour laquelle ce dernier a décidé de procéder par touches successives, en tenant compte des ressources humaines et financières à notre disposition.

Bien entendu, notre Comité a continué à réagir avec vigueur, par lettres, courriers des lecteurs ou d’autres moyens contre l’utilisation des anglicismes ou les mauvais traitements infligés à la langue française, que ce soit du fait des autorités et administrations, des médias ou des entreprises privées.

A ce sujet, notons que la RTS (radio et télévision romande), qui avait été la lauréate du prix des « Mille z’erreurs » en 2010, vient de prendre des mesures visant à améliorer la qualité de la langue française sur ses antennes. Elle a chargé deux de ses journalistes, MM. Le Fort et Jolidon, de se prêter au jeu de l’écoute critique des émissions de ce diffuseur en publiant une lettre d’information interne. Cette décision doit être saluée en espérant qu’elle sera suivie d’effets.

Enfin, je ne voudrais pas terminer ce bref rapport annuel sans remercier les membres du Comité pour leur engagement, afin de faire rayonner notre Association. J’adresse un merci tout particulier à notre vice-président et secrétaire général, Daniel Favre, véritable cheville ouvrière de la Défense du français, et à notre nouveau trésorier, Jean-Pierre Monnerat, qui a procédé à une complète réorganisation de nos finances et qui suit avec vigilance l’état de nos cotisations.

La mission de notre Association est difficile, mais le jeu en vaut la chandelle et c’est grâce à vous tous que nous remplirons les buts que nous nous sommes assignés.

Didier Berberat, président Association Défense du français                   Bussigny, le 16 juin 2012


Puis le président présente à l’assemblée M. François Nussbaum, journaliste à L’Impartial/l’Express, nouvellement en charge de l’élaboration de notre bulletin « En français SVP ».

Enfin, le président ouvre la discussion sur les sujets ci-dessus traités durant l’année. Celle-ci n’est pas demandée.

Ceci étant, des remerciements sont adressés de la part de deux membres pour le travail et les activités déployés par le Comité.
Après applaudissements, le rapport d’activité 2011-2012 est approuvé.

(…)


Rapport des réviseurs et approbation des comptes 2011
Le rapport des réviseurs des comptes est lu par Mme Maryse Perret, vérificatrice, qui prie l’assemblée d’accepter les comptes qui sont très bien tenus.

Ledit rapport de révision peut être obtenu auprès de J.-P. Monnerat, trésorier.

A l’issue de la lecture du rapport, le président remercie Mme Perret et les comptes 2011 sont approuvés à l’unanimité par l’assemblée.


Décharge au Comité
A l’unanimité, l’assemblée donne décharge au Comité.


6.          Elections statutaires

Le président souligne que, cette année, nous n’avons pas d’élections nouvelles. Il fait part des membres du Comité qui se représentent et démissionnent, en remerciant vivement ces derniers de leur engagement au sein de l’Association.

Démissionnent :

  • Olivier Bloesch, membre
  • Erich Weider, membre


Se représentent :

  • Didier Berberat, président
  • Daniel Favre, vice-président
  • Gisèle Bottarelli, secrétaire
  • Jean-Pierre Monnerat, trésorier,
  • François Berger
  • Odile Jager-Lanore
  • Xavier Koeb
  • Christine Haemmerli


G. Perrin évoque la question du nombre de délégués de la Fondation auprès de l’Association, conformément aux statuts. En principe, deux délégués de la Fondation sont au Comité de l’Association (actuellement les deux délégués de la Fondation sont D. Favre et E. Weider). Etant donné qu’E. Weider démissionne du Comité de l’Association, qu’en est-il de son remplacement ? Après discussion, il est décidé que J.-M. Vodoz s’occupera de ce point et en informera D. Berberat et/ou D. Favre. Il est relevé par ailleurs que nos deux membres du Comité démissionnaires restent membres de notre Association.



Quant à l’élection des vérificateurs des comptes et suppléant, une discussion s’engage.

Françoise Duperrex, 2ème vérificateur élue pour 2 ans (excusée ce jour), devient 1er vérificateur pour encore un an, Maryse Perret étant sortante après 2 ans.

Il y a lieu de trouver le remplaçant de Maryse Perret en qualité de 2ème vérificateur.
De même que Claude Marcet, suppléant, démissionnaire, dont le poste est à repourvoir.

Le président fait appel à l’assemblée afin de nommer un 2ème vérificateur et un suppléant.
M. Gaston Pernet se propose en tant que 2ème vérificateur aux comptes et M. Patrick Bergen en qualité de suppléant.

L’assemblée applaudit ces deux messieurs et le président les en remercie.


Budget 2012 et activités
Le président donne la parole à J.-P. Monnerat qui commente le budget 2012. Celui-ci est accepté à l’unanimité. Il est disponible auprès du trésorier, J.-P. Monnerat.

J.-P. Monnerat nous informe par ailleurs que Me Junod a bien apporté son soutien et son efficacité suite aux « humeurs » du restaurateur du Café Papon, lequel n’a pas été très facile à gérer lors du dernier Café francophone. Des remerciements sont adressés à Me Junod.

Le président évoque les diverses activités de notre Association, en particulier nos Cafés francophones. Il est constaté que nous n’avons pas encore organisé de « Café francophone » dans le canton du Valais de même que dans le Jura (par exemple St-Imier, voire Bienne, etc).

D. Favre fait appel à l’assemblée en ce sens que toutes propositions/suggestions de thème et de conférencier sont les bienvenues et peuvent être communiquées au Comité, voire directement à D. Favre.

Le président souligne que nous continuons la veille médiatique de notre Association, en particulier par la parution de notre Bulletin.


Proposition individuelles et divers
M. Villard, membre, souhaiterait voir paraître, sous forme de livre de poche, la 9ème édition du dictionnaire de l’Académie française. Au total, il y aura 4 volumes dont la 3ème vient de paraître. Il se propose d’envoyer un projet de lettre à notre secrétariat en ce sens et ce point sera validé en séance de Comité.

De plus, une discussion s’engage quant à inviter, à l’occasion, une personne de l’Académie française en qualité d’orateur/hôte d’honneur pour un prochain Café francophone.

J.-P. Monnerat relate, pour sa part, qu’un invité de ce cette importance aurait un impact favorable également auprès du Ficher français de Berne, voire d’autres organisations francophones.

Ce sujet est à suivre.

M. Bergen, nous communique diverses informations (et quelques ouvrages sont à disposition dans la salle) :

  • Mme Lenoble-Pinson est venue dernièrement à Berne, Le nouveau Larousse 2012 est paru avec des éléments nouveaux, notamment d’ordre orthographique.
  • Une exposition se déroule actuellement à Berne, à la Bibliothèque Nationale (dans le quartier de Kirchenfeld) qui, sous forme plus sonore que visuelle, évoque les patois suisses. Cette exposition durera jusqu’à fin août accompagnée de quelques conférences.
  • Il nous informe de l’ouvrage distribué par la Chancellerie fédérale relatif à la terminologie des 60 notions de base du système politique suisse. Cet ouvrage est conçu en 5 langues, dont la 5ème est l’anglais, puisque bon nombre de terminologies sont internationales et donc utilisées en anglais.
  • Il souligne également la parution d’un journal qui fait part d’articles de journaux dont le langage est très relâché (style jargon). Pour exemple  : « la bouffe » pour la nourriture, « flic » pour policier, « il s’est fait coffré » pour emprisonné, etc. P. Bergen trouve regrettable d’entendre/lire un tel langage.
  • Enfin, il évoque que le français se fait également attaquer par des « traducteurs automatiques » que l’on trouve sur Internet (logiciels officiels de traduction, google, notamment).


Puis, D. Favre accueille et donne la parole à notre orateur du jour, M. Michel Bühler, qui vient ce jour nous faire partager son ouvrage « La chanson est une clé à molette ».

Nous avons également le plaisir d’entendre trois de ses chansons.

A l’issue de son intervention, D. Favre remercie chaleureusement Michel Bühler et lui remet un cadeau en guise de remerciements.

Pour visionner/imprimer/écouter ses chansons et/ou sa bibliographie, le site de Michel Bühler est le suivant :

http://www.michelbuhler.com


Sans autre objet à l’ordre du jour et la parole n’étant plus demandée, le président clôt l’assemblée et invite les participants à rejoindre Mme Claudine Wyssa, Syndic, qui nous attend, dehors en terrasse, pour l’apéritif offert par la Commune de Bussigny.

PV : Christine Haemmerli, archiviste.




CAFE FRANCOPHONE A GENEVE – LE 24 AVRIL 2012

Compte rendu


En une fin d’après-midi venteuse et pluvieuse, ce ne sont pas moins de 90 membres de notre

Association qui se pressaient sous les majestueuses voûtes du XVIe du célèbre Café Papon genevois.

Il faut dire qu’une conférence de Me. Marc Bonnant est assez rare pour que les mélomanes des  phrases chantantes et nuancées accourent. Ils n’ont pas été déçus, la prestation du Maître dépassant les espérances. Notre secrétaire général Daniel Favre a tout d’abord donné quelques

explications, puis a cédé la parole à notre président Didier Berberat pour introduire brièvement le conférencier. Après l’indispensable dialogue avec le public et but ultime de ces Cafés francophones, c’est le Conseiller d’Etat François Longchamp qui a reçu les félicitations de notre Association, à travers le comité, pour sa défense active du français. Rappelons que c’est grâce à lui et au Conseil d’Etat du canton de Genève, que le « Geneva Airport » est redevenu Genève Aéroport.

L’immense Palexpo a également recouvré sa dénomination dans la langue de Voltaire.

Actualité oblige, nous avons appris que dans l’affaire du triste licenciement de plus de 1′000 collaborateurs de la société Merck – Serono, le canton devait donner des explications en anglais aux personnes licenciées. Car, pour certaines d’entre elles, malgré une présence à Genève de plus de 10 ans elles ne comprennent toujours pas suffisamment notre langue pour remplir les déclarations de chômage. M. Longchamp a bien compris l’importance du problème.

Un repas dans la splendide salle voûtée attenante, et appartenant au Conseil d’Etat, car elle jouxte son siège historique, a réuni le nombre record de 46 personnes.



Conférence de Marc Bonnant

L’évolution du français est-elle inquiétante ?


Il n’est pas aisé de résumer une conférence, je devrais dire un discours, de Me. Marc Bonnant, brillant intellectuel genevois et libéral. Avocat, bâtonnier, polémiste, il sait captiver en deuxphrases son auditoire pour le tenir en haleine pendant plus d’une heure. On devine derrière les grosses lunettes l’œil malicieux, mais le regard perçant. Toujours sur le fil du rasoir entre provocation raciste et humour au 2ème voir 3ème degré. Grand maître des mots et de la langue française, la plus belle au monde; son discours peut être très dur, sans concessions et émaillé de références classiques. Acculé par une question pertinente, il est capable des pirouettes les plus audacieuses, enrobées de propos flatteurs et élogieux. Il ferraille tous azimuts. Les journalistes avec leurs 500 mots de vocabulaires, y.c. les onomatopées en prennent pour leur grade. Mais aussi les politiques, qui préfèrent l’injustice au désordre, alors que les intellectuels préfèrent le désordre à l’injustice.

Pessimiste, cynique, sont petit sourire guette la réaction, attrape au vol la moindre exclamation, corrige son propos, puis s’échappe dans une digression passionnante, pour revenir en ellipse à son propos initial: la langue et le langage. Et le tout sans note aucune sous les yeux.


Florilège retenu avec application par le soussigné:

« Dans cent ans que restera –t-il de nos 2′500 langues utilisées encore au XXème siècle ? Le mandarin, l’hindi, l’arabe et peut-être un reste de français parlé par quelques intellectuels ?

L’anglais, langue de communication, langue de nécessité, m’indiffère. Une gestuelle, des bruits de gorge suffiraient pour faire passer le message.

La 1ère langue du monde actuel, le mandarin ne rayonne pas, tout comme l’arabe, outre les avancées territoriales. Une vraie langue rayonne, grâce à ses qualités intrinsèques. Car la langue est une musique. Mélodieuse, elle ne traduit pas seulement le savoir, elle n’obéit pas à une nécessité. Elle est langue de conviction, à travers les armes, à travers la chrétienté. Les conquérants propagent le latin. Au XIX e siècle, la colonisation, les marches expansionnistes apportent la civilisation aux peuples barbares (dixit). La langue est véhicule de la pensée. Toujours au XIXe siècle le français était la langue de la diplomatie internationale. L’anglais par contre est la langue de la technologie, de la conception des inventions techniques et scientifiques. C’est aussi la langue de l’économie et du libéralisme. Dans les instances européennes, la langue d’interprétation, chère aux juristes et découlant du droit romain-germanique, n’est plus le français, mais bien l’anglais. Les lois européennes sont ainsi interprétées à travers l’anglais, et par là, selon le droit

anglo-saxon.

La mondialisation, déferlement d’une idéologie libérale, s’accompagne de la langue de communication. Par ailleurs, notre langue est victime de la pensée correcte. Sous prétexte d’atteinte à la morale, même si Beethoven était sourd, il faut dire aujourd’hui « malentendant ». Aimé Césaire et Léopold Senghor parlaient du nègre. Il est devenu noir ou paradoxalement homme de couleur. Ce vocabulaire euphémistique rétrécit la langue. Ce n’est pas avoir des égards envers les sourds ou les aveugles que de tromper les mots. La mode est aux emprunts à l’étranger. Les anglicismes comme « meeting point » et « coming out » sont inutiles et constituent une imposture »


S’ensuit une large digression sur Rousseau, « Emile » et les « Confessions » pour regretter que nos chères têtes blondes n’apprennent plus « par cœur » leurs leçons. Le conférencier terminera son exposé sur ses propres expériences, rêvées ou réelles, au Collège Calvin à Genève.


(Xavier Koeb,  membre du comité)




Association « Défense du français »

Procès-verbal de l’assemblée générale ordinaire du 25 juin 2011
Nyon, Salle du Conseil communal


41 membres ont répondu présents à l’invitation, auxquels s’ajoutent les présences de Mme Fabienne Freymond-Cantone, Municipale de la Commune de Nyon, et de M. Pascal Crittin, Secrétaire général à la Radio-Télévision Suisse (RTS), orateur du jour.


1. Propos de bienvenue

L’assemblée est ouverte à 10h20 par le président M. D. Berberat. Ce dernier formule quelques propos de bienvenue, salue les personnes présentes et remercie la Commune de Nyon qui nous accueille aujourd’hui, ainsi que pour l’apéritif qui nous sera gracieusement offert à l’issue de la réunion, dans la salle de réception du Château.

Le président nous informe que nous entendrons un exposé de M. Pascal Crittin abordant le thème : « Le langage, une richesse pour les productions audiovisuelles ».


2. Procès-verbal de l’assemblée générale du 29 mai 2010

D. Berberat passe en revue le procès-verbal de l’assemblée du 29 mai dernier.

L. Vodoz relève que les deux propositions qu’il avait faites en mai dernier ne figurent pas au procès-verbal. Il s’agissait de la politique des langues au Fonds national suisse de la recherche scientifique et de la facturation des textos (sms). Celles-ci seront mentionnées sous point « Divers » du présent procès-verbal.

Sans autre remarque particulière, le procès-verbal de l’assemblée générale du 29 mai 2010 est accepté à l’unanimité, avec remerciements à son auteur.


3. Rapport d’activité

Le président lit son rapport d’activité pour la période 2010-2011, lequel est repris ci-dessous :

Rapport d’activité 2010-2011

Depuis notre dernière Assemblée générale qui a eu lieu le samedi 29 mai 2010 à Montreux, le Comité s’est réuni à 11 reprises, dont la dernière fois ce matin-même.

Au niveau des activités de l’Association, nous mentionnerons en premier lieu notre animation d’un chalet du village de la Francophonie à Montreux, du 17 au 24 octobre, dans le cadre du Sommet de Montreux. Ce stand a été mis sur pied en collaboration avec la Fondation Défense du français, l’Association des journalistes de langue française, le Fichier français de Berne et l’Association Poésie.

Au nom du Comité, je tiens à remercier tous les membres de notre Association qui se sont engagés dans cette belle aventure, en particulier M. Xavier Koeb, le régional de l’étape qui a accompli un énorme travail, MM. Daniel Favre et Jean-Pierre Monnerat.

Nous avons également profité de cette occasion pour organiser un Café francophone le 21 octobre sur le thème de la langue française, débat dirigé par notre ami Daniel Favre et auquel ont participé Mme Soghra-Madeleine Sadeghi, traductrice, M. Frédéric Bouilleux, Directeur de la langue française à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), M. Jérôme Christen, Député au Grand Conseil vaudois et à l’époque Municipal à Vevey, ainsi que votre serviteur. Ce Café francophone, qui s’inscrivait dans le cadre des manifestations satellites du Sommet, a connu un beau succès. Enfin, pour en terminer avec ce thème, nous avons décerné, à l’issue du Café francophone, notre premier prix des Mille Z’Erreurs, organisé par Mme Odile Jaeger-Lanore, à la Radio-Télévision Suisse (RTS) pour « l’ensemble de son œuvre ». J’ai remis cette distinction, qui consiste en un dessin d’André Paul, au Directeur de la RTS, M Gilles Marchand et à son Secrétaire général, M. Pascal Crittin – orateur de ce jour – à Genève, le 6 mai dernier, en présence de MM. Daniel Favre et François Berger.

En décembre 2010, le numéro 14 de notre bulletin est sorti de presse.

Au mois de janvier de cette année, notre Association a répondu à la consultation organisée par la Constituante genevoise au sujet du projet de Constitution. Nous avons approuvé la proposition d’inclure dans cette charte fondamentale, à l’article 5, le fait que la langue française est la langue officielle de la République et Canton de Genève et que celui-ci en promeut l’usage et en assure la défense.

Le 5 mars dernier, notre Association a participé aux rencontres francophones de Neuchâtel. A cette occasion, les participants ont pu entendre le délégué fédéral au plurilinguisme, M. Vasco Dumartheray, et débattre de la place de la langue anglaise dans l’enseignement universitaire.

Du 12 au 20 mars, nous avons été présents sur un stand à Vevey dans le cadre de la Semaine de la Francophonie. Je tiens à remercier ici les membres de notre Association qui nous ont aidés afin de nous présenter.

Le 18 mars, nous avons organisé un Café francophone en ville de Delémont, en présence de Mme Elisabeth Baume-Schneider, Ministre jurassienne de l’Education, M. Rémy Chételat, rédacteur en Chef du Quotidien jurassien, M. Sébastien Jubin, journaliste à Fréquence Jura, M. Jacky Epitaux, chef d’entreprise et moi-même. Le thème était « la dégradation du français, la faute à l’école, à l’administration fédérale, aux médias ou à la mondialisation ? » Cette manifestation, mise sur pied par M. Jean-Pierre Molliet, et animée par M. Daniel Favre, a connu un beau succès puisque 70 personnes environ y ont assisté et que nous avons enregistré nombre de retombées médiatiques.

Depuis mars, le Comité se penche sur la question de la visibilité de notre Association et de ses actions qui sont, à ses yeux, encore trop confidentielles. Nous discutons actuellement avec M. Serge Polo, publicitaire, afin de moderniser l’image et les moyens de communication de notre Association afin que l’important travail que nous accomplissons soit mieux valorisé. Un premier pas a été franchi par la refonte et la modernisation de notre site internet et je me plais à remercier M. François Berger de son engagement dans cette tâche.

Au niveau de la composition du Comité, nous avons enregistré plusieurs démissions dont nous parlerons au point 7 de notre ordre du jour. Signalons toutefois que Mme Josiane Borioli, trésorière, a cessé son activité à fin 2010, ainsi que M. Jacques Anselme, secrétaire assez récent. Pour la remplacer, le Comité a le plaisir de pouvoir compter sur M. Jean-Pierre Monnerat qui s’occupe des finances et Mme Gisèle Bottarelli qui assume le secrétariat. Je tiens à remercier Mme Borioli de son engagement au service de la « Défense du français » et me réjouis de compter sur l’appui de ces deux nouvelles personnes qui devront être confirmées officiellement dans leur fonction par notre assemblée générale.

Nous avons connu un petit « couac » en début de mois dans l’envoi des convocations et des bulletins de versement pour les cotisations, en raison d’une erreur de l’entreprise qui s’occupe desdits envois et nous nous en excusons. Depuis lors, les choses ont été remises en ordre.

Enfin, le 22 juin, le numéro 15 de notre bulletin a été envoyé et je souligne que ce travail très important est accompli par des bénévoles que je remercie ici.

En conclusion, notre Association se porte bien et mène, elle-même ou par l’intermédiaire de ses membres nombre d’actions afin de défendre notre belle langue face au rouleau-compresseur de l’anglais et également afin que le français retrouve sa juste place au niveau de l’Administration fédérale. Ces actions se font par l’intermédiaire de notre bulletin, par des lettres aux administrations et entreprises, par des interventions politiques. Comme déjà signalé, nous allons mettre l’accent sur une modernisation de notre image auprès des jeunes générations, notamment par le biais des écoles, et par une meilleure communication auprès du public afin d’augmenter notre nombre de membres et notre efficacité.

Je sais, et cela me réjouit, que je peux compter sur votre engagement et votre appui.

Didier Berberat, président Association Défense du français
Nyon, le 25 juin 2011


Puis le président ouvre la discussion sur les sujets ci-dessus traités durant l’année.

  • Il est constaté, avec remerciements, suite à une demande lors de l’AG de 2010, que les Cafés francophones débutent à des heures moins tardives en fin de journée. Cette démarche doit être maintenue. Il est également relevé le succès du précédent Café.

A ce propos, le président informe d’ores et déjà l’assemblée que le prochain Café francophone est fixé à Neuchâtel, le mercredi 9 novembre 2011 aux environs de 17h30/18h00. Cette rencontre sera organisée en collaboration avec le Fichier Français de Berne, dont son président actuel, M. Bergen, fait un petit topo de cette future rencontre. L’orateur convié à cette rencontre est Mme Lenoble-Pinson, grammairienne. Le thème est encore à déterminer ; il pourrait s’agir de la grammaire ou la féminisation des noms ou la néologie.

D. Favre nous informe également que le prochain Café francophone (après celui de Neuchâtel) aura lieu à Genève en présence de M. Longchamp, Conseiller d’Etat – chargé de l’aéroport de Genève et de Palexpo – et de Me Marc Bonnant.

  • Des remerciements sont adressés au Comité et au président pour les efforts fournis tout au long de l’année. De même, G. Perrin remercie en particulier D. Favre pour tout ce qu’il entreprend au sein de notre Association.
  • Concernant le « Dictionnaire » (Larousse, etc), une demande est faite au Comité afin que ce dernier envisage une éventuelle intervention (des erreurs de critères ont été relevées).
  • Il est proposé également la création d’une rubrique « glossaire » sur notre site internet.
  • La question du coût de nos cotisations est soulevée. D. Favre rappelle que le prix de CHF 40.- est le même pour une personne seule ou pour un couple.


Au terme de ces quelques remarques, le rapport d’activité est approuvé.


4. Présentation des comptes 2010

Le président donne la parole à D. Favre, en l’absence de J.-P. Monnerat, trésorier.

D. Favre présente et commente les comptes 2010, distribués aux membres présents. Les comptes ont été établis par J. Borioli, trésorière démissionnaire, et vérifiés par G. Perrin pour l’établissement du rapport de révision.

Nous constatons une légère augmentation de l’actif et du passif. Les recettes également sont en légère hausse. D. Favre explique que J.-P. Monnerat est en train de mettre de l’ordre concernant l’encaissement des cotisations. Le Comité relève le travail efficace fait par J.-P. Monnerat. Il est relevé également une légère hausse des dépenses, notamment due au fait de l’amélioration de notre site internet et de la collaboration avec Mediasun.


5. Rapport des réviseurs et approbation des comptes 2010

Le rapport des réviseurs des comptes est lu par G. Perrin, vérificateur.

Ledit rapport de révision peut être obtenu auprès de J.-P. Monnerat, trésorier.

A l’issue de la lecture du rapport des réviseurs, les comptes 2010 sont approuvés à l’unanimité par l’assemblée.


6. Décharge au Comité

A l’unanimité, l’assemblée donne décharge au Comité.

Puis, D. Favre prend la parole et remercie chaleureusement D. Berberat pour son engagement au sein de notre Association et ce, malgré ses nombreuses activités professionnelles et ses nombreux déplacements à l’étranger. D. Berberat tient son rôle de président à perfection, il est présent à toutes les séances de Comité et les anime. L’assemblée applaudit D. Berberat.


7. Elections statutaires

Le président dresse un bilan des membres du Comité qui se présentent, démissionnent et qui se représentent, savoir :

  • Démissionnent :      J. Anselme, secrétaire

Y. Bordet, membre

J. Borioli, trésorière

D. Dubray, membre

excusés ce jour


  • Se présentent :      G. Bottarelli, secrétaire

J.-P. Monnerat, trésorier, excusé ce jour


  • Se représentent :      D. Berberat, président

D. Favre, vice-président

F. Berger

O. Bloesch

Ch. Haemmerli

O. Jager-Lanore

X. Koeb

E. Weider.


Le président souligne que notre Comité pourrait être renforcé par la venue de nouveaux membres. Une ou deux personnes sont éventuellement déjà envisagées. Appel est donc fait auprès des membres afin de consolider le Comité.

Une question est posée de savoir s’il ne faudrait pas séparer les tâches du secrétariat, de la comptabilité et du fichier. Il est répondu que, suite à des discussions internes au sein du Comité, il a été décidé que J.-P. Monnerat gérerait le fichier d’adresses et la comptabilité, ces deux tâches allant de pair pour une bonne gestion des cotisations. G. Bottarelli s’occupe du secrétariat, des nouveaux membres et des démissions, en collaboration avec le trésorier. Ch. Haemmerli, archiviste, est chargée de la tenue des procès-verbaux.

Une fois encore, le président remercie J.-P. Monnerat pour tout le travail effectué dans la gestion du fichier d’adresses et des comptes.

De plus, G. Bottarelli, secrétaire élue, demande à ce que tout changement d’adresse lui soit communiqué afin d’éviter des retours d’envois ou des envois perdus.


Quant à l’élection des vérificateurs des comptes et suppléant, une discussion s’engage.

A l’unanimité, les personnes suivantes sont élues : Marlyse Perret, 1er vérificateur – Françoise Duperrex, 2ème vérificateur – Claude Marcet, suppléant.

Le président remercie F. Duperrex d’accepter le mandat de 2ème vérificateur. J.-P. Monnerat prendra contact avec cette dernière en temps voulu pour la coordination de cette tâche. L’assemblée applaudit F. Duperrex.


8. Budget 2011 et activités

Le président donne la parole à  D. Favre, lequel présente le budget établi par J.-P. Monnerat.

Sans autre commentaire, le budget 2011 est accepté à l’unanimité. Il est disponible auprès du trésorier, J.-P. Monnerat.


9. Proposition individuelles et divers

  • La parole est donnée à J.-M. Vodoz. Ce dernier a fait la connaissance de Marcel Girardin, président de la Défense de la langue française en Haute-Savoie. Un grand travail se fait aussi dans cet organisme pour la défense de notre langue. Il souligne l’importance de maintenir la relation entre notre Association et M. Girardin. Ses coordonnées nous seront communiquées par J.-M. Vodoz.
  • J.-M. Vodoz relève également que Michel Bühler, chanteur-compositeur de Ste-Croix, se dit être à notre disposition si nécessaire. Il serait bon d’avoir un contact avec ce dernier.
  • Enfin, J.-M. Vodoz évoque l’adhésion récente d’un nouveau membre au sein de l’Association, en la personne de Sylviane Roche, écrivain.
  • Une discussion s’engage concernant les anglicismes, relevés dans la presse, les publicités, les magasins, etc. La question est posée de savoir si les « orties » figurant dans le Bulletin « En français SVP » font de l’effet ? D. Favre confirme que les personnes/sociétés figurant dans la rubrique « orties » reçoivent notre Bulletin. Par ailleurs, les efforts relevés et figurant dans la rubrique « fleurs » de notre Bulletin pourraient être plus chaleureusement salués.
  • Au nom du Fichier français de Berne, M. Bergen prend la parole et informe des dernières actualités : une nouvelle présidente, un nouvel ouvrage au sujet des règles applicables et de formules utiles pour la correspondance, lequel est mis à disposition de l’assemblée.
  • D. Favre relève que la Délégation à la Langue Française co-organise une journée d’étude autour de la question des compétences orthographiques dans la formation des enseignants ; celle-ci aura lieu le 1er septembre prochain à Lausanne.
  • D. Favre rappelle la sortie à Soleure le 29 août prochain. Des brochures sont à disposition.
  • Enfin, comme relevé sous point 2, al. 2, les propositions faites par L. Vodoz lors de l’assemblée du 29 mai dernier sont reprises ci-après :


1) Politique des langues du FNS

Je souhaiterais que l’Association Défense du français fasse pression sur le Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS), afin d’influencer la politique des langues de cette fondation qui gère l’essentiel des fonds fédéraux attribués aux chercheurs en Suisse. En effet, bien que les langues officielles du FNS soient l’allemand et le français, les chercheurs ont le plus souvent l’obligation de rédiger leurs requêtes (demandes de subsides) en anglais, comme cela est précisé dans les plans d’exécution de la plupart des programmes nationaux de recherche (PNR) avalisés régulièrement par le Conseil fédéral, et comme cela est de même précisé dans le document «Politique des langues du FNS» du 18 mai 2010 (NB: l’exception mentionnée dans ce document pour les sciences humaines et sociales n’est pas toujours permise dans les faits). On s’étonne d’ailleurs de l’argument que recèle ce document (§ 2.2): «Afin d’assurer la qualité de l’évaluation scientifique, la langue scientifique du FNS est principalement l’anglais (sauf en sciences humaines et sociales)». Comme quoi le monde scientifique francophone serait composé d’abrutis… sauf dans les sciences humaines et sociales (sous-entendu: qui sont de toute façon des sciences d’abrutis?!).

Le FNS pousse d’ailleurs le bouchon assez loin, comme le montre un cas récent d’application de sa politique des langues. En effet, même le «Règlement AGORA du FNS relatif à l’octroi de subsides pour des projets de communication scientifique avec le public» (13.10.2010), qui prévoit des subsides pour «encourager la transmission des connaissances sur la recherche scientifique actuelle» et contribuer au «dialogue entre les scientifiques et la société» [suisse], précise que les requêtes doivent être rédigées en anglais (art. 7.2). Avec toutefois une concession (art. 7.3): «le FNS peut accepter des requêtes en français, allemand ou italien sur demande préalable écrite et dûment motivée, si cela se révèle indispensable en raison de la nature du projet». Il faut donc justifier que c’est indispensable, avant de pouvoir éventuellement utiliser une langue nationale, même lorsqu’on élabore un projet de communication avec le public!

Au final et plus globalement, les chercheurs qui ne maîtrisent pas brillamment l’anglais sont discriminés, et clairement dissuadés de concourir dans le cadre d’appels à projets, devant financer des traducteurs avant de pouvoir déposer des projets de recherche – et disposant en outre de moins de temps pour rédiger leurs projets puisqu’il faut déduire du temps imparti pour esquisser ces projets celui nécessaire à leur traduction.

Références:

•    Politique des langues du FNS :
http://www.snf.ch/SiteCollectionDocuments/Dossiers/dos_sprachenpolitik_snf_f.pdf

•    Directives «Agora» :
http://www.snf.ch/SiteCollectionDocuments/agora_weisungen_f.pdf
(voir § 2.8)

•    Règlement «Agora» du FNS:
http://www.snf.ch/SiteCollectionDocuments/agora_reglement_f.pdf

•    Suivi des nouveaux programmes nationaux de recherche (PNR), lancés périodiquement selon décision du Conseil fédéral:
http://www.snf.ch/F/rechercheoriente/pnr/nouveaux/Pages/default.aspx

(voir les «plans d’exécution» de chacun de ces PNR, p. ex. actuellement celui du PNR 66, §§ 7.1 et 7.2 –> exigence de l’anglais).

Annexe: note sur ce même sujet, datant de juillet 2004 (transmise précédemment à M. Berberat). Ce document est joint au présent procès-verbal.

Une discussion s’ensuit.

Concernant le FNS, G. Perrin relève que le résultat des recherches scientifiques est anglo-saxon. De même, Mme Sadeghi, traductrice, relève que l’on ne peut pas échapper à quelques anglicismes dans certains domaines. Une traduction pourrait être cependant souhaitée.

Le président informe qu’un projet de lettre au FNS sera fait. Ce courrier figurera sur note site internet, de même que la réponse du FNS – si réponse il y a. Dossier à suivre.


2) Facturation des textos («SMS», pour : short message services!)

Les opérateurs de téléphonie mobile (sans doute pour d’obscures et illégitimes «raisons techniques») facturent l’équivalent de plusieurs dizaines de caractères lorsque l’on veut envoyer un «ç», un «ê», ou encore un «À». C’était autrefois le cas également pour d’autres accents («é», «è», «à»…), mais ce n’est apparemment plus le cas – comme quoi ce genre de problème paraît pouvoir être résolu. La conséquence de ce mode de facturation est d’inciter les usagers à renoncer à une accentuation correcte – et de pénaliser ceux qui y tiennent. A mon sens, le Comité devrait prendre contact avec les opérateurs de téléphonie mobile à ce sujet; et en cas de gain de cause, ce serait là un succès pouvant être valorisé plus particulièrement auprès de la jeune génération… celle qu’il semble précisément si difficile de mobiliser dans le cadre de l’Association Défense du français: d’une pierre deux coups.      L. Vodoz

Concernant ce dernier point, le président propose d’écrire une lettre au Directeur de Swisscom.

____________ § ____________


Puis, le président accueille et donne la parole à notre conférencier du jour, M. Pascal Crittin, Secrétaire général à la Radio-Télévision Suisse (RTS), qui aborde le thème : « Le langage, une richesse pour les productions audiovisuelles ».

Les termes de l’allocution de P. Crittin, en accord avec ce dernier, sont annexés au présent procès-verbal.

Le président remercie chaleureusement P. Crittin pour son intervention ; de même, l’assemblée, par applaudissements, remercie notre orateur du jour.

Une discussion et échange d’idées s’engagent.

D. Favre remet à P. Crittin l’ouvrage «  Le Français, notre maison ».


Sans autre objet à l’ordre du jour et la parole n’étant plus demandée, le président clôt l’assemblée et invite les participants à rejoindre la salle de réception du Château. Mme Fabienne Freymond-Cantone, Municipale de la Commune de Nyon, nous y attend, avec un discours d’accueil et pour l’apéritif offert par la Commune.

Annexes : ment.                                                                                                              
PV : Christine Haemmerli, archiviste.




Rapport d’activité 2010-2011
Association Défense du français

Depuis notre dernière Assemblée générale qui a eu lieu le samedi 29 mai 2010 à Montreux, le Comité s’est réuni à 11 reprises, dont la dernière fois ce matin-même.

Au niveau des activités de l’Association, nous mentionnerons en premier lieu notre animation d’un chalet du village de la Francophonie à Montreux, du 17 au 24 octobre, dans le cadre du Sommet de Montreux. Ce stand a été mis sur pied en collaboration avec la Fondation Défense du français, l’Association des journalistes de langue française, le Fichier français de Berne et l’Association Poésie.

Au nom du Comité, je tiens à remercier tous les membres de notre Association qui se sont engagés dans cette belle aventure, en particulier M. Xavier Koeb, le régional de l’étape qui a accompli un énorme travail, MM. Daniel Favre et Jean-Pierre Monnerat.

Nous avons également profité de cette occasion pour organiser un Café francophone le 21 octobre sur le thème de la langue française, débat dirigé par notre ami Daniel Favre et auquel ont participé Mme Soghra-Madeleine Sadeghi, traductrice, M. Frédéric Bouilleux, Directeur de la langue française à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), M. Jérôme Christen, Député au Grand Conseil vaudois et à l’époque Municipal à Vevey, ainsi que votre serviteur. Ce Café francophone, qui s’inscrivait dans le cadre des manifestations satellites du Sommet, a connu un beau succès. Enfin, pour en terminer avec ce thème, nous avons décerné, à l’issue du Café francophone, notre premier prix des Mille Z’Erreurs, organisé par Mme Odile Jaeger-Lanore, à la Radio-Télévision Suisse (RTS) pour « l’ensemble de son œuvre ». J’ai remis cette distinction, qui consiste en un dessin d’André Paul, au Directeur de la RTS, M Gilles Marchand et à son Secrétaire général, M. Pascal Crittin – orateur de ce jour – à Genève, le 6 mai dernier, en présence de MM. Daniel Favre et François Berger.

En décembre 2010, le numéro 14 de notre bulletin est sorti de presse.

Au mois de janvier de cette année, notre Association a répondu à la consultation organisée par la Constituante genevoise au sujet du projet de Constitution. Nous avons approuvé la proposition d’inclure dans cette charte fondamentale, à l’article 5, le fait que la langue française est la langue officielle de la République et Canton de Genève et que celui-ci en promeut l’usage et en assure la défense.

Le 5 mars dernier, notre Association a participé aux rencontres francophones de Neuchâtel. A cette occasion, les participants ont pu entendre le délégué fédéral au plurilinguisme, M. Vasco Dumartheray, et débattre de la place de la langue anglaise dans l’enseignement universitaire.

Du 12 au 20 mars, nous avons été présents sur un stand à Vevey dans le cadre de la Semaine de la Francophonie. Je tiens à remercier ici les membres de notre Association qui nous ont aidés afin de nous présenter.

Le 18 mars, nous avons organisé un Café francophone en ville de Delémont, en présence de Mme Elisabeth Baume-Schneider, Ministre jurassienne de l’Education, M. Rémy Chételat, rédacteur en Chef du Quotidien jurassien, M. Sébastien Jubin, journaliste à Fréquence Jura, M. Jacky Epitaux, chef d’entreprise et moi-même. Le thème était « la dégradation du français, la faute à l’école, à l’administration fédérale, aux médias ou à la mondialisation ?«  Cette manifestation, mise sur pied par M. Jean-Pierre Molliet, et animée par M. Daniel Favre, a connu un beau succès puisque 70 personnes environ y ont assisté et que nous avons enregistré nombre de retombées médiatiques.

Depuis mars, le Comité se penche sur la question de la visibilité de notre Association et de ses actions qui sont, à ses yeux, encore trop confidentielles. Nous discutons actuellement avec M. Serge Polo, publicitaire, afin de moderniser l’image et les moyens de communication de notre Association afin que l’important travail que nous accomplissons soit mieux valorisé. Un premier pas a été franchi par la refonte et la modernisation de notre site internet et je me plais à remercier M. François Berger de son engagement dans cette tâche.

Au niveau de la composition du Comité, nous avons enregistré plusieurs démissions dont nous parlerons au point 7 de notre ordre du jour. Signalons toutefois que Mme Josiane Borioli, trésorière, a cessé son activité à fin 2010, ainsi que M. Jacques Anselme, secrétaire assez récent. Pour la remplacer, le Comité a le plaisir de pouvoir compter sur M. Jean-Pierre Monnerat qui s’occupe des finances et Mme Gisèle Bottarelli qui assume le secrétariat. Je tiens à remercier Mme Borioli de son engagement au service de la « Défense du français » et me réjouis de compter sur l’appui de ces deux nouvelles personnes qui devront être confirmées officiellement dans leur fonction par notre assemblée générale.

Nous avons connu un petit « couac » en début de mois dans l’envoi des convocations et des bulletins de versement pour les cotisations, en raison d’une erreur de l’entreprise qui s’occupe desdits envois et nous nous en excusons. Depuis lors, les choses ont été remises en ordre.

Enfin, le 22 juin, le numéro 15 de notre bulletin a été envoyé et je souligne que ce travail très important est accompli par des bénévoles que je remercie ici.

En conclusion, notre Association se porte bien et mène, elle-même ou par l’intermédiaire de ses membres, nombre d’actions afin de défendre notre belle langue face au rouleau-compresseur de l’anglais et également afin que le français retrouve sa juste place au niveau de l’Administration fédérale. Ces actions se font par l’intermédiaire de notre bulletin, par des lettres aux administrations et entreprises, par des interventions politiques. Comme déjà signalé, nous allons mettre l’accent sur une modernisation de notre image auprès des jeunes générations, notamment par le biais des écoles, et par une meilleure communication auprès du public afin d’augmenter notre nombre de membres et notre efficacité.

Je sais, et cela me réjouit, que je peux compter sur votre engagement et votre appui.

Didier Berberat, président Association Défense du français
Nyon, le 25 juin 2011



Quelques photographies...


Les premiers arrivés


L’Assemblée en séance


Daniel Favre, Didier Berberat, Pascal Crittin, Christine Haemmerli


L’heure de l’apéritif



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PV Assemblée générale du 29 mai 2010

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